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Qu’ on se transforme en Gaulois

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En écoutant les nouvelles de la Communauté d’Anthili, où, après l’assemblée populaire des habitants on a décidé que ne paye personne l´ impôt (extraordinaire mais en voie de légitimation) de la fortune inmeuble, on se rend compte de la dynamique que peuvent obtenir les pratiques de la résistance, à l´ aide de l´organisation, de l´ égalité et de la solidarité. Comme les travailleurs dans l’ aciérie grecque, dans Eleftherotypia, dans Alter, qui sont en grève, unis, contre les abus du travail, il paraît qu´ un mouvement des Communautés locales commence, qui peut mettre en doute l’application des mesures économiques et alors, les abolir – une perspective qui n’existe pas par le biais des partis bureaucratiques et des associations de la Gauche ¨fictivement¨ indignée avec les mesures d´ austérité…

Les Gaulois de la bande déssinée Astérix et Obélix et ses compagnons, comme c´ est bien connu, combattent seuls contre l´ empire romain, pour sauver leur indépendance et leur culture locale. Les Gaulois modernes ne confrontent pas des légionnaires, mais une politique concrète, qui, à l’aide de l’ analyse et des équations économiques, fonctionne en faveur de la prospérité des numéros et pas des gens. Une gorgée de la potion magique était suffisante contre les légions des Romains. Contre l’attaque du néo-libéralisme, qu’est-ce qu´on peut proposer?

1) L’autocritique consciente d’une société qui ne perçoit pas l’image vraie d’elle-même, qui s’est laissée à l’orientation des institutions d’inégalité, en contribuant à sa propre corruption et en ayant la resposabilité de son évolution. Évidemment, en parlant d’autocritique on ne se réfère pas à la logique populiste ¨ tous ensemble nous l´ avons dépensé tout¨ ou ¨la culpabilité est aux fonctionnaires pa Les médias- qui supportent les mécanismes qui font la promotion de la violence tout le temps- le pouvoir et le spectacle, forment les consciences. ¨Travaille, vote, paye, tais-toi¨, la doctrine du XXI siècle. Il y a quelques mois, la célèbre chanteuse grecque Nana Mouskouri a dit le suivant : ¨Les grecs doivent apprendre payer leurs dettes. Rien n´ est gratuit¨. Mais, même si on admet qu´ on a créé tous cette dette immense et alors, comme des citoyens bons, honnêtes et intègres, on doit faire des sacrifices et contribuer dans son règlement, c’est-à-dire, si on doit être ¨justes et conséquents avec nos obligations¨, c’est une conversation qui doit commencer, surtout, par la ¨moralité¨ du capitalisme lui-même et de ses représentants politiques. Imputer toute la responsabilité à la population entière de Grèce, en ignorant les pièges de G. A. Papandreou et des hommes d’affaires d´ Allemagne, le népotisme de Siemens et les accords d´ équipement des systèmes d´ armement d´Allemagne etc., tout cela se ressemble, au moins, à une moralité idiote et échouée.resseux¨. On se réfère à la responsabilité qui contribuera à la création de l’idéal de la société grecque moderne, caractérisée par l´ individualisme, le conservatisme, la superconsommation et le recul.

Les moqueries des citoyens par les politiques du pays ne contribuent pas à l’autocritique de la société, mais, par contre, à la culture de la peur et de la morale de la culpabilité. ¨La culpabilité de la crise est aux citoyens¨ (c’est-à-dire, ceux-ci sont les coupables) ¨et conséquemment ceux-ci doivent payer¨, on écoute tout le temps par plusieurs ¨représentants¨ du monde politique ou par les tenants du néo-libéralisme qui viennent des pays ¨modèles¨, comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne.

La conséquence de cette propagande n´est pas seulement la charge des frais aux citoyens, frais créés par un système structuré d’une manière qui peut créer de la crise et des sociétés instables. L’objectif direct est battre la résistance de ceux qui ne sont pas d’accord avec le cirque du Néo-libéralisme, de ceux qui croient que la démocratie n’a rien à voir avec cette oligarchie libéraliste qui nous régit et qui détermine nos vies. En faisant des recherches sur le phénomène de la dette publique et du déficit, quant à l’Union Européenne, nous voyons que, par exemple, l’indice officiel du chômage en Espagne dépasse le 21.5%. Il s’agit d’

2) La prise démocratique des décisions ¨des dessous¨, en niveau local. Des citoyens qui vivent dans le même quartier et partagent la même vie quotidienne peuvent plus facilement, grâce à la possibilité du dialogue immédiat qui existe, découvrir et partager ses espoirs en prenant ensemble les décisions et en distribuant les rôles qui concernent leur exécution. Ainsi, les décisions prises selon le modèle de la démocratie directe distribuent la responsabilité à tout le monde sans exceptions et tous agissent pour un objectif commun, avec de la solidarité et de la collaboration. Les bénéfices dans le cas de la création de plusieurs réseaux d’auto-organisation – et il n’est pas nécessaire qu’ils soient limités aux affaires d’économie alternative, mais ils peuvent être étendus à chaque activité de la vie publique – peuvent être multiples: les sociétés locales pourront, probablement, résoudre des problèmes urgents, en évitant les méthodes et les structures infirmes et inefficaces, mais à la fois elles constitueront une école de politisation, de conscience, d’autonomie, d’émancipation et conséquemment, de revendication de la conformation et des antipropositions nécessaires de la société elle-même.un pays avec une dette (comme celle de l’Irlande aussi) triple que celle de la Grèce. Malgré tout cela, la presse internationale insiste et considère la Grèce comme la source de tout le malheur. C´ est vrai que la majorité des pays du Sud souffre de dettes exorbitantes. Mais aucun de ces pays n´a présenté de mouvements comme celui du décembre de l’année 2008. Mais quelle est la position des médias européens envers l’Irlande (un pays qui, bien qu´on le présente comme un modèle à imiter, parce qu’ il constitue un¨petit état¨, malgré l’initiative privée accrue et le terrible ¨Tigre Celte¨, continue avec la dette triple, en comparaison avec la Grèce ¨socialiste¨)? Même de nos jours, l’Irlande se présente comme un modèle de récupération de l’économie [1], contrairement aux paresseux du Sud, que la seule chose qu’ils savent faire est boire d´ ouzo¨, comme il s´ écrit dans les journaux populaires. Mais quels mouvements ont présenté les irlandais tout au long de leur histoire récente? Combien de grèves se sont réalisées là-bas, à cause des mesures d’austérité, qui, parfois étaient pires que celles des gouvernements grecs? Pourquoi personne ne parle de la corruption immense du système irlandais? Parce que les irlandais ont adopté, peut-être, jusqu’à un grand point, la moralité de la culpabilité, que leurs médias promeuvent tous les jours. En outre, l’Irlande moderne n’est pas très différente aux Etats-Unis (avec les capitaux des néoconservateurs et des gouvernements impérialistes de Bush et de Clinton ¨ils ont évolué et revalorisé¨ du point de vue économique comme état). Il paraît que le conformisme a aussi transformé les têtes des irlandais, qui ont été quadrillés par la superconsommation excessive. Finalement est-ce qu´on désire ce mode de vie, une situation d’acceptation aveugle des situations, que des valeurs d’inégalité créent pour nous et nous, comme des citoyens, nous abstenons-nous? Si la réponse dans cette question est (évidemment) non, alors, tous, unis, on doit chercher la sortie.

3) La création progressive des réseaux ¨gaulois¨, c’est-à-dire, des structures multiformes d’auto-organisation et de résistance. Par exemple, avec la création de tels réseaux, la création d’une économie alternative se rend possible, avec l’échange des produits et des services entre les résidents des Communautés locales et des quartiers des zones urbaines. Il y a déjà des réseaux d’économie alternative dans plusieurs zones de Grèce. Ces réseaux peuvent être incorporés à la résistance contre les pratiques du néo-libéralisme du marché libre (ou pas libre) et saboter dans la pratique l’application des mesures économiques. Plus on participe plus activement à tels groupes, d’auto-organisation, qui ont comme but à trouver une solution sur les problèmes différents de la vie sociale (les petits problèmes mais pas du tout insignifiants de la vie quotidienne), plus rapidement nous allons dépasser les obstacles de chaque type provoqués par l’organisation bureaucratique de l’État et les mécanismes légaux de la pression, que l’État contrôle.

Mais qu´on ne se dépêche pas juger les actions de résistance, à des mesures concrètes, comme des clasistes, sans conscience politique, isolées, provisoires, fragmentaires et condamnées a priori à l’échec. Si on veut adopter une position juste envers nous-mêmes et nos positions politiques aussi, on doit, à travers notre participation, notre appui et notre action, donner de l´ haleine à ces efforts, à ces foyers des ¨gaulois¨ modernes (jusqu’au point où ils ne sont pas contrôlés par des politicards, des partis ou des associations),avec notre désir d’offrir, de rejeter l’individualisme et d’agir tous ensemble de manière autonome et avec de la solidadité, comme si tout cela était la potion magique, l’action ne sera pas le résultat d´ une théorie ou d´ une idéologie déjà donnée et coriace, mais le résultat des conversations politiques. On arrive ainsi à la création d’un mouvement nouveau, plus organisé, plus multidisciplinaire et plus prometteur que le mouvement des Indignés de l´an 2011!

[1] Malgré l’ appréciation que l’économie irlandaise se rétablit chaque jour, de plus en plus, parce que les irlandais¨ne sont pas comme les paresseux du Sud qui ont perdu la moralité du travail et ils ne savent que manifester et faire des scènes¨. (En réalité, c´est parce que les irlandais étaient très disciplinés et obéissants aux ordres des chefs). Mais cette récupération est fausse. C’est-à-dire, une fois encore on voit les numéros et les statistiques en voie de développement et en prospérité. Mais les citoyens sont obligés de chercher leur chance en Australie, au Canada et aux Etats-Unis, le numéro de personnes sans abri augmente, comme la transformation d’une grande partie de la population en personnes marginales aussi. Ceci se passe dans un pays où les gens savent exécuter des ordres sans protester et ils ne manifestent pas leur rage contre le système et les institutions, mais ils boivent de la bière Guinness et ils se poignardent pour des raisons insignifiantes, sans chercher des sorties démocratiques.

Auters: Efor, Michael Th Ian Delta

Τraduction: Cristina


URL: http://wp.me/pyR3u-afp

Qu’ on ne vive pas comme des esclaves

Au moment où l’oligarchie économique et le Néo-libéralisme s´étendent peu à peu dans plus de pays, avec des résultats de plus en plus tragiques pour la majorité de citoyens (chômage, indigence, limitation de nos droits politiques et de la liberté de l’expression), la nécessité pour la prise d´ initiatives et pour des actions de la société même est impérative.

Ça fait juste une année on a vécu un événement de repère historique : le Printemps Arabe. Les peuples d´Egypte, de Tunisie et de tout le monde arabe nous ont démontré qu’il existe autre chemin aussi, hors de celui de l’esclavage économique, politique et social. Et nous, nous les avons embrassés, nous les avons soutenus, comme nous avons dû faire. Également, les derniers jours de grandes manifestations ont explosé en Grèce, au Portugal et en Roumanie, en diffusant l’impulsion de la rage qui menace d´ étrangler notre vieux système politique, qui fonctionne en faveur des numéros et pas des gens. Pourtant, quelle est notre position face aux événements en Europe? Contrairement au printemps arabe, beaucoup d’Européens se contentent de la reproduction de l’hypocrisie des médias en dédaignant, en trompant et en se moquant de chaque mouvement de contestation. Les troubles en Grèce – malgré les efforts des journaux du régime à les présenter comme une action de violence aveugle provoquée par une minorité de personnes, qui s´ intéresse seulement à gaspiller l’argent d´Europe – expriment une rage généralisée contre la corruption, autant de l’élite politique locale que du mécanisme de l’Union Européenne, que, pour servir leurs propres intérêts, ils violent de manière dure et déclarée la liberté politique. Ces nouveaux éléments dans la vie politique et sociale de Grèce ont, en principe, une explication évidente : l’expansion incroyable de la pauvreté, qui est le résultat des politiques néoliberalistes mentionnées. Ce phénomène n’est pas seulement grec, il ne concerne pas seulement le Sud d´ Europe (le Portugal, l’Espagne, l’Italie). Il concerne plus de pays (l’Irlande, la Belgique, la Grande-Bretagne). Les citoyens d´ Europe doivent percevoir le cas grec comme un avertissement, comme un mauvais présage, comme leur futur prochain et sombre, s’ils ne réagissent pas en exigeant la démocratie réelle.

La contestation des institutions en vigueur (étatiques, économiques, sociales) prend la forme de leur rejet total de plus en plus, en surpassant la demande de leur amélioration, de leur correction rationnelle ou de leur substitution par d’autres institutions qui sont dans le même cadre, simplement comme la crainte opposée. Le dépassement de ce système corrompu et pas seulement son simple renversement – une anteposition adoptée, avec toute la conscience, par une partie pas du tout insignifiante de ceux qui résistent – il paraît que, jusqu’à un point, il a commencé à influencer d´une manière amortie et subconsciente plus de tensions du ¨courant¨ de la résistance qui se forme en Europe. On ne croit pas en changements à travers les moyens construits par le système lui-même, parce que ainsi nous sommes encerclés dans le monde du spectacle, on rejette le processus électoral de la république représentative et on contrepropose la démocratie réelle.

Contre tout ceci, il est temps que les sociétés européennes actionnent en commun, avec de la solidarité, à travers d´ un nouveau réseau européen d’action révolutionnaire. Par le biais des assemblées populaires dans chaque place d´Europe, avec de la communication et de l´ interaction avec toutes les autres, les citoyens d´Europe on peut nous libérer de la barbarie du Néo-libéralisme, en prenant tous ensemble les décisions qui vont déterminer nos vies. Pas comme des créanciers et des emprunteurs, pas comme des riches et des pauvres, pas comme des accusateurs et des accusés, mais comme des citoyens libres et égaux. La seule chose que les Parlements européens offrent généreusement est l’exploitation, la désagrégation et la répression, au moment ou ils distribuent les produits de notre travail à une minorité de féodaux modernes et avaricieux. Ils font tout ce qu’ils puissent pour suffoquer la réaction mais ils ne peuvent faire rien pour suffoquer la passion de la liberté réelle.

Qu´on crée, alors, notre propre histoire en révolutionnant contre l’absolutisme du cynisme et du spectacle, contre l’oligarchie de la richesse. Il est temps qu’ ils se convoquent tous les peuples d´Europe pacifiquement mais d´une manière décisive. L’Europe des peuples et pas des ologarchies ou des technocrates est possible, si on s´efforce tous ensemble et d´une manière coordonnée. La démocratie réelle, la création et la communication humaine peuvent renaître dans les places et dans les rues. Sans chefs, sans instructeurs. Qu´on fasse tous une brassée avec le poing levé. Qu´ on ne vive pas comme des esclaves…


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La société de la consommation

La provocation de dépendance et de d´ addiction constitue la meilleure manière pour mener une personne à la foi du faux, à la soumission aveugle et aux illusions. L’illusion de la consommation n’est pas seulement une foi fausse, mais aussi une foi fausse basée sur le désir. L’idée est relativement simple. Si les gens sont fidèles aux produits des usines, il est moins probable qu´ ils expriment leur mécontentement sur les conditions de travail dans ces usines ou qu´ ils se demandent sur la vie des gens qui y travaillent et encore, qu´ils mettent en doute la nature elle-même du travail. Selon Stuart Ewen (1), la consommation, ¨la participation massive aux valeurs du marché, qui s´ adresse à la masse, n’était pas un développement historique naturel, mais un processus agressif de survie sociale.¨ La fausse prospérité obtenue à travers de la consommation, le détour de la vie sociale par le spectacle, ont atteint la distraction de l’attention du mécontentement que le travail provoque. ¨Ceux qui ne peuvent pas changer leur vie ou sa profession peuvent être consolés même avec une nouvelle robe ¨, a dit Helen Woodward.

Ainsi, les sociétés humaines sont tombées de l’être (la personnalité, la culture intellectuelle, etc.) à l´ avoir et finalment elles ont glissé à l´ apparaître (le caractéristique primordial du monde du spectacle). L’identité humaine, alors, n’est plus déterminée par l’être de chacun ou par ce que chacun fait, ni même par ce que chacun possède. Elle est déterminée par ce que chacun présente aux autres et par l´ apparence de ceci. Le bonheur (un terme qui de nos jours est utilisé jusqu’à la satiété par les conservateurs, comme David Cameron) s’est transformé dans un indicateur quantitatif, qui dépend des biens que quelqu’un peut acheter et du status social que les autres peuvent lui apporter, selon les biens qu’il possède. Dans une société d’anonymat et d’aliénation, l’aspect est important et le status social est obtenu par le biais de la profession et il se présente aux autres à travers de la consommation, un processus qui pourrait être appelé commercialisation de soi. Ainsi une personne se transforme dans un produit et sa déscription peut entrer dans une feuille de papier, ce qu´on appelle CV, elle fait publicité d´ elle-même à travers des réseaux sociaux et elle se scelle, comme si elle était de la viande, après sa naissance au cours d’une cérémonie religieuse.

La politique aussi, se transforme dans un aspect du marketing et les candidats politiques se promeuvent comme s’ils étaient des produits de consommation massive. ¨Ce n´est pas la tâche des consommateurs savoir ce qu´ils veulent¨, disait le fondateur d’Apple, Steve Jobs. Cette phrase dans le monde politique pourrait signifier que ce n´est pas la tâche des citoyens s’occuper de la politique, savoir ce qu’ils veulent, comme a dit le philosophe anglais Thomas Hobbes il y a 400 ans approximativement, c’est-à-dire, l’homme est incapable de se gouverner parce que son état naturel (state of nature) est caractérisé par l’avidité de la domination. Ainsi, comme solution unique pour éviter la guerre civile, Hobbes propose un contrat social, un type d´ ¨accord¨ entre les gens (les dominés) et un gouvernement central (Sovereign) qui contrôle le pouvoir exécutif et législatif et à travers des méthodes de pression dissuade chaque personne d´ être mise dans l’action politique, en l’enfermant ainsi dans la sphère personnelle. Au contraire, Hannah Arendt, qui a basé presque tout son travail intellectuel sur la philosophie d’Aristote, (l’homme est un être politique), croit que la sphère publique (c’est-à-dire, la politique) est la seule dans laquelle les gens peuvent trouver leur liberté (3).

La définition du citoyen d’Aristote est la suivante : ¨Qui est citoyen ? Citoyen est celui qui est capable de gouverner et de se gouverner¨. En Gréce habitent dix millions de citoyens. Pourquoi tous ces citoyens ne sont pas capables de gouverner ? Parce que l’objectif de toute la vie politique est précisement l’ignorance des citoyens dans le sujet du gouvernement et à la fin, la confiance de la tâche du gouvernement aux ¨spécialistes¨. C’est-à-dire, il y a une formation antipolitique, équivalente à la formation de l’individulisme pur, qui porte à la consommation. Au lieu d’assumer chaque type de responsabilité politique, à la fin les gens ont l´habitude de suivre et de voter les options politiques que les autres leur présentent prêtes et également, ils ne peuvent pas décider quels biens ils veulent produire, comment les produire, comment les distribuer et ils permettent que les autres décident pour eux.

La fin de la consommation

Dans un monde qui se base, surtout, sur le spectacle, ce n’est pas la société qui institue les aspects du spectacle, non plus un groupe fermé et spéculatif, comme diraient les défenseurs des théories de conspiration. C’est la logique du profit continu qui porte aux institutions, aux valeurs et la société elle-même à cette direction qui offrira une production plus grande en conbinaison avec une consommation plus grande. Exactement comme la bulle de la consommation, à travers des fonctions du système économique-crédit ( des prêts, des cartes de crédit, etc.) a porté à la ¨crise¨ économique de nos jours. Une fois que le consommateur a été fatigué de la quantité de désirs de consommation, une fois que le catalogue des produits qui le rendaient ¨heureux¨ a été gonflé, soudain, il s’est rendu compte de l´impossibilité de la satisfaction de ces nécessités artificielles à travers du système bancaire . Ainsi, le développement des déchets en plastique, un développement, qui est intéressé seulement à lui-même, baisse le rideau, au moins dans la partie plus grande du monde.

Le développement économique a libéré les sociétés de la pression naturelle, qui exigeait la lutte immédiate pour la survie, mais ainsi il les a soumises à son libérateur. L’économie a transformé le monde, mais il l’a transformé dans un monde d’économie. L’abondance des produits, c’est-à-dire, de la relation commerciale, ne peut pas être rien plus que la survie accrue qui contient toujours la frustration. La contradiction suivante constitue un exemple caractéristique : bien que l’automatisation et l’évolution technologique puissent éliminer le travail, ou au moins le réduire, jusqu´ un point, en réalité, elles ont créé un nouveau secteur de travail, le tiers (les services), en transformant en même temps le minimum ¨temps libre¨ accru dans une motivation pour travailler (puisque la joie du temps libre présuppose encore une fois l’acquisition des biens de consommation…).

¨L´ imaginaire de notre époque est l´imaginaire de l’extension illimitée et de l’accumulation des choses inutiles… C´est-à-dire ? C’est-à-dire, un téléviseur dans chaque chambre, un ordinateur dans chaque chambre etc. Le système se base sur cet imaginaire. Et c´ est ça précisement qu´on doit détruire¨, dit Cornelius Castoriadis (2). Quand la société s’informe de sa dépendance de l’économie, nous nous allons rendre compte que ce qui est valable, c´ est le contraire. De nos jours la société et l’économie sont des adversaires qui combattent pour la domination. Les sociétés de tout le monde doivent faire face d´ un dilemme vrai, l´ aspect faux de la vie à travers de la consommation ou la vie réelle. La crise, dont tout le monde parle, n’a pas de solution économique, mais sociale et c’ est celle-ci que nous devons chercher, comme une société du monde, comme un peuple qui doit accomplir son devoir et former une véritable société politique.

(1) Stuart Ewen, Captains of Consciousness: Advertising and the Social Roots of the Consumer Culture
(2)Καστοριάδης Κορνήλιος, Είμαστε υπεύθυνοι για την ιστορία μας / Cornelius Castoriadis, Nous sommes responsables de notre histoire
(3) Arendt, Hannah. On Revolution. Penguin Books, Second Edition, 1973

Auteur: Efor, Editor: Michael Th, Τraduction: Cristina

L’article en Grec, en Espagnol et en Anglais.


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¨Les anarchistes¨ et notre commentaire

Traduction : Cristina

Autres langues: Grec, Espagnol

Ils tordent la réalité ou ils se trompent ceux qui prônent que l’anarchie est une philosophie politique d’un système sans principes, où chacun fait ce qu´il veut et d´ autres choses ridicules.

On cache que anarchie signifie un système sans maîtres, sans pouvoir imposé.

Pour ceux qui ont oublié les notions précieuses de la tradition, de tous les systèmes philosophiques (théories, narrations) du Siècle des Lumières, c´ est le seul égal à la Démocratie, où seulement le peuple a le pouvoir. L’anarchie n’a aucun rapport avec la violence ; mais elle contribue à sa manifestation, quand elle est populaire (quand l’oppression de l’élite contre les classes polulaires en a par-dessus la tête).

Dans une brochure qu’a publiée le service antiterroriste de Londres, les citoyens sont incités à dénoncer à ce qui est anarchiste aux commissaires (!). Peut-être cela s’ entend terrifiant pour une démocratie moderne (aujourd’hui à Londres, demain à Paris, à Stockholm, donc à Sarajevo, à Athènes, etc.). Pourtant, il faut nous étonner le fait de la publication d’une telle décision, qui pénalise les idées, puisque le capitalisme est l’immense creuset qui l´ absorbe tout et en plus ce qui le ridiculise, y compris ce qui menace son existence. Le capitalisme sait qu’il est immobile parce qu’on sait aussi la mesquinerie (indolence) de l’homme. Les capitalistes de Londres effectuent une démonstration d’un autoritarisme (ridicule), même s´ ils ridiculisent l’esprit, les idées et la liberté. De toute façon, ceux qui servent fidèlement le système, et par tous les côtés, ils ont perdu totalement le contact avec ces notions.

Toutefois il serait désirable que nous plongions dans l’eau de la source de l’Anarchie. Nous comprendrions immédiatement ce que signifie solidarité, quartier, art populaire, coexistence, danse, amour, extase, coopération, amitié. Soudain, la poésie entrerait dans notre vie, au moins notre vie quotidienne ennuyeuse et insupportable serait moins plate. Mais cela est un rêve. Ici domine l’attitude feinte, de la personne la plus humble jusqu’à la plus arrogante, à condition qu’ elles soient nommées et elles obtiennent le pouvoir… Pauvres ¨je¨, incultes, paresseux, insensibles, serviteurs (et c’est pourquoi ils restent toujours ¨je¨).

Les anarchistes ne menacent pas la société. Les anarchistes vivent dans son sein, ils la veillent, ils défendent le minimum de sa dignité. C´est le pouvoir qui constitue le danger. Et malheureusement le pouvoir n’existe pas seulement dans les institutions gouvernementales. Le pouvoir existe dans chacun de nous, bien que nous ne l’admettions pas.

Les commentaires d’Eagainst.com

On publique à nouveau la rubrique de Giorgos Stamatopoulos du quotidien Eleftherotypia, puisque peu de fois un journaliste échappe de la présentation stéréotypée des antidirigeants comme des gens violents et devoyés et il présente la réalité. Nous commentons cette rubrique parce que nous croyons que la critique bien intentionnée, ou l’extension des rubriques avec lesquelles nous sommes d’accord est nécessaire.

L’anarchie, en sens littéral, ne doit pas remettre à une société sans pouvoir (sans, au moins, un ensemble minimal de règles), mais à l’idée que personne n’ a l’autorité absolue. (De toutes manières ce ne sont pas les lois qui forment une société puissante et prospère, mais le caractère lui-même et la conduite de ses citoyens : le rôle des gens qui forment une société, sa puissance de créer des institutions et des lois qui se basent à des facteurs étrangers à la société. L’histoire, comme dirait aussi Cornélius Kastoriades, n’est pas le résultat de déterminismes, ¨de quelques lois de l´ histoire¨, non plus oeuvre de Dieu ou de la ¨nature¨, mais une création pure, un résultat de la volonté et de l’action des gens). Une société anarchiste, alors, n’est pas une société chaotique, sa fonction ne dépend pas du jugement d’une certaine classe dominante, qui institue des lois sans l’approbation de la majorité, en se muant seulement par son intérêt propre. Plusieurs gens la caractérisent comme une ¨vision utopique¨, qui se base à la contribution, à la solidarité et à la collaboration. À eux nous allons répondre que l’oppression, l’exploitation, la guerre, la consommation et la pollution constituent le monde qu’ils défendent.

L’anarchie, comme c´est bien référé avant, n’a jamais menacé la société. Au contraire, elle a menacé les institutions de l’élite dominante, la normalité de cette ¨vie quotidienne¨, des différentes croyances imposées par les sociétés dociles, la bureaucratie et la hiérarchie, les relations d’exploitation… Dans la plupart de pays occidentaux ce sont les anarchistes qui ont protagonisé contre chaque type d’absolutisme, de celui des régimes communistes, et de la dictature des fascistes – nationalistes, jusqu´à celui des oligarchies libéralistes, sans aspirer seulement à la prise du contrôle pour imposer ensuite une dictature à eux. Un seul coup d´ oeil aux faits de la Révolution espagnole et de la guerre civile russe est suffisant pour pouvoir vérifier qui et comment ont anfronté les anarchistes. Qu´est-ce qu´ils ont contreproposé et quels étaient les résultats de leurs propositions, contrairement à ce que leurs poursuivants ont appliqué. [1] Alors, s’il y a quelque chose que l´ anarchie menace, c´ est seulement le système lui-même du capitalisme et chaque forme d’absolutisme (stalinisme, fascisme, théocratie…). Parce que de toutes les doctrines et les théories données, la cosmothéorie anarchiste est la seule qui lutte contre la création d’une nouvelle bureaucratie et contre l’émersion d’une nouvelle élite, tant idéologique que politique.

Dans ce point nous devons clarifier de quelle anarchie on parle : anarchisme – communisme, anarchisme – syndicalisme, anarchisme – individualisme, anarchie postmoderne… Nous préférons nous référer à l’anarchie classique, comme elle est exprimée par les premiers philosophes anarchistes par P. J. Proudhon et Mikhail Bakunin, qui a dit le suivant : A) ¨socialisme sans liberté est esclavage et brutalité¨, en renversant les croyances marxistes qui parlent de la nécessité de l’existence d´ une étape historique de la ¨dictature du proletariat¨ et selon cette théorie, un fort pouvoir central, dirigé par la classe ouvrière et le proletariat, menera à la libération totale de la société de ses chaînes classistes. Toutefois (comme Bakunin lui-même a dit et comme l’histoire l´ a démontré aussi) cette étape contribue à la création d’une nouvelle élite. Ainsi, la discussion de la ¨dictature du proletariat¨ de la part des anarchistes a mené à la première rupture pendant la Première Internationale. B) ¨Liberté sans socialisme est injustice¨ [en renversant ainsi les affirmations des adversaires de l´ ¨égalité¨ des philosophes libéralistes, comme Tocqueville, et d’autres et en accentuant la nécessité de la création d’une société sans classes, d’un point de vue économique (surtout) et politique, quelque chose qui arrivera par l’émancipation des travailleurs, que, selon les anarchistes, ils ne vont pas prendre le pouvoir, mais ils vont remplacer la structure de l’état par des assemblées locales et ouvertes, dirigées par le proletariat de manière autonome. Ainsi, nous voyons que l’anarchie, née et élevée par l’époque des grands changements politiques et des délibérations sociales, incorpore des éléments du libéralisme social et à la fois du socialisme révolutionnaire (mouvement ouvrier), ayant ainsi son rôle propre dans le mouvement vaste de l’émancipation. (Attention : il ne faut pas confondre le néo-libéralisme avec le premier libéralisme de Rousseau, de Locke et de Toqueville).

Pour un anarchiste, alors, la notion de l’égalité est totalement reliée avec la justice sociale. Pour Toqueville, la priorité doit être la liberté et pas l’égalité : si la passion pour l’égalité triomphe sur la passion pour la liberté, la Révolution aboutira en despotisme. Mais cette priorité mène à des inégalités de classe chaotiques, quelque chose que le marxisme et l’anarchie rejettent. Comme Bakunin a aussi indiqué, le mécanisme de l’état n’est qu’un moyen de promotion d’offices ou ¨il y a rien plus dangereux dans une société que les princes et le gouvernement¨ (Niccoló Machiavelli). Alors, pour éviter les sociétés de classes extrêmes et aussi, pour que l’égalité ne mène pas à la tyrannie, nous devons libérer la société de l’état, qui offre le pouvoir concentré aux mains de peu de personnes (oligarchie). Ainsi Aristote dit ¨la caractéristique de la liberté est que tout le monde gouverne successivement¨. Conséquemment, nous devons remplacer la notion arbitraire de l’égalité par celle de l’isonomie : c’est-à-dire, on a besoin d´ isonomie et de participation politique, sans état ni représentation, pour éviter le despotisme, d’une part, et autre part, pour la perpétuation du pouvoir d’une élite privilégiée (voir mise en avant de l’autonomie individuelle et collective) : ¨non à l’exécution de décisions sans la participation égale à leur prise¨. En bref, on donne la priorité à l’égalité de la participation au pouvoir politique, un élément qui est inclus dans la mise en avant de la démocratie directe, contrairement à la démocratie représentative qui concentre le pouvoir aux mains d’une élite parlementaire… La démocratie directe, comme l’autonomie individuelle et collective aussi, constituent les héritiers des mouvements idéologiques de l´illumination et du mouvement ouvrier de l’émancipation. La démocratie directe de temps à temps est adoptée par plusieurs anarchistes (comme dans le cas de Catalogne anarchiste), quelque chose qui démontre l’action d’avant-garde du mouvement anarchiste, mais principalement, constitue l’évolution de tous les courants ouvriers et libéralistes qui font l’éloge de l’émancipation…

Donc, au fil du temps, avec l’écroulement de l’Union Soviétique et la détérioration du mouvement ouvrier, une partie du mouvement anarchiste absorbera des valeurs différentes de celles du socialisme traditionnel et libéral (voir Murray Bookchin) et avec l’influence du postmodernisme en niveau social et artistique, elle s´ évoluera par des théoriques, comme Bob Black, en abandonnant totalement son orientation ouvrière et en adoptant des valeurs plus libérales qui vont vers l’émancipation [c’est-à-dire, elle abandonne l’obsession à la morale du travail, qui a dominé au cours des premières années de la Révolution Industrielle, une morale qui se trouve aussi dans le christianisme. (Certains connaissent la phrase ¨bon chretien=travailleur obéissant, ou Prie et travaille, expression des moines de Saint-Benoît). L’anarchisme-syndicalisme, d’autre part, et s´ y incluent les tendances les plus modérées de l’anarchisme-communisme aussi, s’éloignent assez de ce que nous considérons libéral en réalité, c’est-à-dire, ces deux courants sont attachés à la notion ouvrière de l’anarchie traditionnelle [2]. Au contraire, Bob Black a condamné clairement la morale du travail (voir Bob Black – l’abolition du travail) ¨pour arrêter de souffrir nous devons arrêter de travailler.¨. Black, comme d´ autres anarchistes théoriques, a aussi réussi à éloigner la notion du travail de ses mises en avant anarchistes, en donnant ainsi une haleine nouvelle au mouvement anarchiste.

Selon l’avis que promeut l’auteur, l’anarchie est éloignée de la violence. C’est un avis correct, jusqu’à un point [3] (Il y a plusieurs anarchistes qui condamnent la violence). Mais on insiste souvent sur l´opinion qui supporte que, chaque effort de critique d’une théorie ne peut pas être éloigné du résultat de son application pratique.

Le mouvement anarchiste a adopté d’une certaine manière un type d’individualisme, qui est contradictoire (et peut-être antinomique) quant à ses mises en avant de base. Cela est dû au rapprochement simplificateur et romantique de plusieurs anarchistes par rapport au terme ¨pouvoir¨ : plusieurs d’eux ne peuvent pas considerer le pouvoir comme une relation sociale. Ils le considèrent comme quelque chose qui est hors des mouvements et de la société, comme un ¨croquemitaine¨ qui protège l’état et le capital. En outre,l’avis de plusieurs anarchistes, qui déclarent qu’ils ne veulent assumer aucun pouvoir, seulement l’éliminer définitivement, procède de cela. L’avis de plusieurs anarchistes ¨ puisque le pouvoir est négatif, nous devons l´ abolir¨ mène (de manière indirecte et subconsciente) à la culture d’un raisonnement individualiste, nihiliste et ainsi narcissique du type ¨non, je ne partage rien et avec personne et puisque je ne partage rien avec personne je donne à moi la propriété absolue de chaque action¨ et à la fois il nous porte à un fanatisme métaphysique ¨ vers la guerre sainte contre l’état et le capital¨.

 En guise de conclusion : Chaque pouvoir hétéronyme pénalise les idées que considère dangereuses pour sa propre existence et surtout le capitalisme. En outre, la législation pénale constituait toujours une des armes les plus fortes de chaque pouvoir. [Selon le représentant principal de l’École de Droit Naturel, Thomas Hobbes, qui, dans son livre Léviathan (1651) étudie les relations entre l’État et le citoyen, la pénalisation est quelque chose ¨mauvais¨ que le pouvoir publique impose à celui qui commet ce que ce même pouvoir (hétéronyme) considère comme une infraction de la loi, dans le but de diriger plus la volonté humaine vers l’obéissance. C´est caractéristique aussi la phrase Paul de Tarse ¨pénalisez à ceux qui sont désobéissants pour qu´ils ne passent pas les bornes¨, qui démontre l’autoritarisme et la vulgarité du christianisme, une religion qui a influencé de manière radicale la pensée et l’évolution du monde occidental. La possibilité du capitalisme de tout absorber et tout ridiculiser est peut-être la règle, (on pourrait dire que d’un point de vue historique et général ceci est valable), mais cette règle n’est pas valable de nos jours, à cause de la crise actuelle. En outre, comme on a déjà référé, l’espace politique des anarchistes et de ceux qui sont contre le pouvoir a subi une répression implacable en Europe et en Amérique dès le premier moment. Conséquemment, ces pratiques du gouvernement britannique et les méthodes de répression qui promeuvent les médias ne sont pas nouvelles. C’est pourquoi, alors, la valeur de cette rubrique est grande : parce qu’ elle démontre les raisons vraies pour lesquelles chaque pouvoir diffame avec répugnance le ¨courant d´eau de l’Anarchie¨ et il le nomme grand adversaire. Est-il vraiment invincible le capitalisme, finalement ?

[1] De nos jours il serait inconcevable considérer la Catalogne anarchiste comme un exemple, malgré tous les éléments positifs qui vaut la peine maintenir de cette époque-là. Pendant la Révolution espagnole n’ont pas manqué quelques faits de comportement injuste ni d´actes de violence injustifiable des anarchistes envers des citoyens simples, faits qui ne peuvent pas, évidemment, être comparés avec les atrocités des communistes, des fascistes et des régimes ¨liberaux¨. Évidemment, ceci n’était pas inattendu parce que : a) nous parlons de l’année 1936, une époque de plein analphabétisme pour l’Espagne et b) beaucoup d’espagnols anarchistes étaient en réalité des anarchistes-syndicalistes qui avaient absorbé quelques mises en avant de Marx et de Lenin (nécessité historique), mais moins que les communistes.

Tous les changements révolutionnaires, qui dans la pratique ont fructifié, contrairement au coup d’état des bolcheviques en Russie en octobre de l’année 1917 et aux régimes fascistes, imposés par la force militaire, toutes les sociétés basées à des mises en avant libérales, de actuellement, pourraient constituer pour nous une semence féconde pour plus d’évolution, de clarté et d´ étude quant à la transformation sociale et radicale.

[2]Les anarchistes-communistes sont encore obsédés par l’élément économique-productif. Un anarciste italien, Errico Malatesta, un théorique qui, d’une certaine manière constitue un exemple d’anarchiste pour nous, a dit que ¨ nous sommes presque tous marxistes, bien que nous n’ayons lu aucun livre de Marx¨. Jusqu’à un point ceci constitue une grande vérité, puisque le capitalisme a autonomisé le monde de l´économie (et l’analyse de Marx est basée sur ceci et n´ a pas d´ importance comment plus tard il l´a remontée dans toute l’Histoire, peut-être par ignorance). Le sujet de travail, évidemment, est très important pour un mouvement radical et révolutionnaire. Toutefois (comme l´ont démontré Cornelius Kastoriades, Hannah Arendt, Pierre Clastres et d´ autres intellectuels), on ne doit pas remonter notre analyse sur les problémes de la société à l’économie, quelque chose que la Gauche et les communistes libéraux font jusqu’à la satiété. Conséquemment, de toute la gamme de l’anarchie nous choisissons les éléments qui développent la mise en avant révolutionnaire, en l’éloignant des termes économiques et ils font une contre-proposition d’une manière différente de la fonction de la société, qui ne se base pas à la production et à l’économie ou à l’insensé ¨domination rationnelle¨ (ce qui constitue la vision du capitalisme). En bref, on parle de l’anarchie comme Murray Bookchin l´a ensuite exprimée et on adopte les valeurs de la mise en avant de l’autonomie.

[3] Dans ce point on doit expliquer ce qui signifie violence et parler de la violence quotidienne que les gens subissent dans cette même société capitaliste et hétéronyme, la violence du système du régime de l’oligarchie libéraliste qui, en réalité, constitue la pièce d’un puzzle qui dominera basé sur les Lois de fer, d’un système qui condamne des populations entières à la pauvreté (en outre, comme Gandhi a dit, ¨la pauvreté c’est la pire forme de la violence¨), qui détruit les rêves et l’espoir de millions de personnes, qui manipule, qui contient la conscience, éloigne et à la fois détruit chaque vie en commun harmonieuse…

Ian Delta, Michael Th & Efor


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Vaneigem : «Mai 68 ne fait que commencer»

Quarante ans après Mai 68, un de ses gourous, Raoul Vaneigem, situationniste, auteur du livre-culte le «Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations», sort un nouveau livre. Il garde intact tout l’esprit de Mai 68 dans un entretien détonnant.

Si quelqu’un incarne encore pleinement l’esprit de Mai 68, sa révolte, ses espoirs, le choix qui se fit alors de la vie et de la jouissance, du refus de toutes les oppressions, c’est bien celle de Raoul Vaneigem. Né en 1934 à Lessines, vivant toujours en Belgique, il fut de 1961 à 1969, un de leaders avec Guy Debord de l’Internationale situationniste. On lui doit le livre-culte de Mai 68, le «Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations», qui fut la lecture de bien des «révoltés», à l’image de «L’homme unidimensionnel» de Marcuse ou des livres d’Ilitch. Vaneigem n’a pas changé d’un pouce, contrairement à tant de leaders de Mai 68. Il en appelle toujours à la vie plus qu’à la survie, à la jouissance plus qu’à l’aliénation au travail. Il invite à se battre pour un monde où l’humain, la solidarité, le respect de la nature, la liberté primeraient enfin sur la société du spectacle, de l’économie à tout va et de la «réification» des personnes.

S’il reste une voix libertaire et anarchiste, libre, subversive et joyeuse, c’est bien elle.

Nous l’avons longuement interrogé, et les lecteurs y retrouveront tout le souffle de Mai 68, sa langue magnifique et torrentueuse, digne de Bossuet, ses imprécations, ses cris, ses amours. Si d’aucuns pourraient lui reprocher son utopie ou son «gauchisme», sa voix a le mérite de perpétuer cette parole qui libère et nous force à secouer nos neurones. Lui-même affiche une totale indifférence à la société médiatique et sur ce qu’on pourrait dire de lui et de sa pensée.

Dans son nouveau livre, «Entre le deuil du monde et la joie de vivre» (Gallimard), il dresse un bilan passionnant de Mai 68 et de ce qu’il en reste. Il y répète aussi qu’à l’égard de ce qu’on pourrait dire de sa pensée ou de ses actes, il est aussi indifférent «que l’averse effaçant sur un trottoir des traces de vomissure». Il refuse toute interview classique. Mais il a accepté de répondre par e-mail à nos questions, à condition de ne rien couper… et de prendre ensuite avec lui un verre ou deux. Au nom de la vie.

On fête les 40 ans de Mai 68 dans une atmosphère de restauration. Vous dites au contraire que Mai 68 fut «un premier cri d’alarme» qui a changé le monde de manière durable. Que reste-t-il de mai 68 ?

Rien pour les soixante-huitards trotskisto-maoïstes qui avaient déjà à l’époque les qualités requises pour se reconvertir dans l’affairisme. Tout, en revanche, pour ceux qui perçoivent dans le Mouvement des occupations de Mai 1968 le début d’une révolution, qui en est à ses premiers balbutiements. On n’a pas encore mesuré à quel point nous sommes au coeur d’une mutation où s’opère le périlleux passage d’une civilisation marchande millénaire à une civilisation humaine, souvent esquissée et toujours réprimée (la Révolution française, la Commune de Paris, les conseils ouvriers en 1917, les collectivités libertaires espagnoles de 1936). Ce qui, en 1968, s’est exprimé avec la lucidité d’une brusque et brutale révélation n’est rien de moins que le refus de la survie au nom de la vie. La table sacro-sainte des valeurs patriarcales a été brisée définitivement : c’en est fini de l’exploitation de la nature, du travail, de l’échange, de la prédation, de la séparation d’avec soi, du sacrifice, de la culpabilité, du renoncement au bonheur, du fétichisme de l’argent, du pouvoir, de l’autorité hiérarchique, du mépris et de la peur de la femme, de la subornation de l’enfant, de l’ascendance intellectuelle, du despotisme militaire et policier, des religions, des idéologies, du refoulement et de ses défoulements mortifères. Ce n’est pas un constat, c’est une expérience en cours. Elle n’a que faire de commémorations. Elle réclame seulement plus de vigilance, plus de conscience, plus de solidarité avec le vivant. Nous avons besoin de nous refonder pour rebâtir sur des assises humaines un monde ruiné par l’inhumanité que propagent partout l’esprit mercantile et le culte du profit à court terme.

Mais la société marchande, le «décervelage», la «société du spectacle» ont tout gagné, y compris les anciens soixante-huitards. C’est le règne de l’argent.

Nous assistons à la faillite d’un système fondé sur l’exploitation cupide de l’homme et de la nature. Nous sommes dans une économie qui se détruit en détruisant la planète. Au lieu d’investir dans la modernisation des secteurs prioritaires, le capitalisme sacrifie à la spéculation boursière l’industrie et les services publics qu’il se glorifiait hier de promouvoir. La prédominance de la rentabilité et l’urgence du profit ont propagé un nihilisme, où l’envers vaut l’endroit et un désespoir que la frénésie consumériste accroît et exorcise tandis que le pouvoir d’achat diminue. Le culte de l’argent établit, plus qu’une complicité, une communion d’esprit entre le malfrat qui agresse les pauvres, brûle une école, une bibliothèque et la brute affairiste qui accroît ses bénéfices en détruisant le bien public et les acquis sociaux. Jamais ceux qui s’arrogent le titre de dirigeant n’ont atteint à un tel degré d’incompétence et de stupidité et jamais ce «moins que rien» dont ils s’infatuent n’a autant passé pour «quelque chose», tant se perpétue le préjugé que l’homme n’est pas capable d’agir de façon autonome et de créer sa propre destinée. Le clientélisme politique a corrompu les démocraties, désormais à la botte des multinationales. Il n’y a plus ni idées ni croyances qui ne se trouvent dénuées de sens, éviscérées, réduites à cet état de charogne, qui fascine les foules aveuglées par le ressentiment, le désespoir, l’ultime prédation, la quête angoissée d’un emploi d’esclave et l’impression d’existence absurde, propice à une grande variété de comportements suicidaires (tueries de Colombine, massacres du Rwanda et de l’ex-Yougoslavie, barbarie islamiste) Mais l’obscurantisme à la mode a beau propager l’insensibilité, la servilité, le fatalisme, la loi du plus fort et du plus rusé, rien n’empêchera la pensée radicale de progresser et de miner souterrainement le spectacle où la misère existentielle est érigée en vertu. Comment ce qui était insupportable en 1968, alors que l’économie était florissante, ne le serait-il pas davantage aujourd’hui ? Est-il besoin de jouer les prophètes pour prévoir que la volonté de vivre balaiera de sa vague ce monde en ruines, où chacun a la sensation de végéter dans l’absurdité de son inexistence ? Il faudra bien que les critères de vie (amour, amitié, solidarité, générosité, créativité, désir de bonheur et de jouissance, avidité de savoir) se substituent aux vieux critères d’un pouvoir patriarcal révolu !

Peut-on échapper à la récupération ? Quel est encore aujourd’hui l’apport du situationnisme ?

Le situationnisme est une idéologie. Les situationnistes ont toujours récusé ce terme. Celui qui refuse tout pouvoir, n’accepte de gouverner, ni d’être gouverné, n’entre pas dans ce «spectacle de la vie où la vie est niée», ne sépare pas ses idées de sa propre existence quotidienne, préfère l’être à l’avoir et l’authenticité de ses désirs à leur falsification consumériste, celui-là est irrécupérable.

Vous êtes critique avec une certaine écologie, qui dites-vous, remplace un capitalisme par un autre ?

De l’avis même de ses promoteurs, le capitalisme financier est condamné à l’implosion à plus ou moins longue échéance. Cependant, sous cette forme sclérosée se profile un capitalisme redynamisé qui projette de rentabiliser les énergies renouvelables et de nous les faire payer très cher alors qu’elles sont gratuites. On nous «offre» des biocarburants sous la condition d’accepter des cultures de colza transgénique, l’écotourisme va faciliter le pillage de la biosphère, des parcs d’éoliennes sont implantés sans avantages pour les consommateurs. C’est là qu’il est possible d’intervenir. Les ressources naturelles nous appartiennent, elles sont gratuites, elles doivent être mises au service de la gratuité de la vie. Il appartiendra aux collectivités d’assurer leur indépendance énergétique et alimentaire afin de s’affranchir de l’emprise des multinationales et des Etats partout vassalisés par elles. L’occasion nous est offerte de nous approprier les énergies naturelles en nous réappropriant notre propre existence.

Plus que jamais, les gens cherchent-ils à survivre plutôt qu’à vivre et – du moins – à confondre ces deux concepts ?

Survivre relève de la condition animale. Vivre est la spécificité de l’homme. En se dégageant de l’animalité, il acquiert la capacité de créer sa propre destinée et de recréer sans cesse le monde. Or la nécessité de travailler le ravale au statut de bête de somme.

Le consumérisme ne lui a permis de survivre mieux qu’en vivant moins. Mais le prix des biens consommables ne cesse d’augmenter. La survie des espèces planétaires, l’homme y compris, est menacée. C’est pourquoi je mise sur un sursaut de la volonté de vivre. Il n’existe aucun exemple dans l’histoire d’une société, si dévastée soit-elle, qui n’ait réussi à se relever de ses ruines.

La révolte est devenue difficile, car les pouvoirs paraissent déjà très ébranlés. L’aliénation, pour prendre un concept marxiste, est devenue intériorisée. Sans même de chefs, de prêtres, de gourous ou de «despotes», chacun semble estimer «qu’il n’y a pas d’alternative» à un monde dont pourtant chacun perçoit les dérives mortifères (environnement, inégalités, pression du travail, etc.).

De fait, jamais la servitude volontaire n’a été aussi grande. Les mafias affairistes tirent profit de cette peur viscérale qu’elles entretiennent et qui courbe les foules comme si elles étaient sous le feu d’une troupe imaginaire. Il existe pourtant des collectivités, des initiatives individuelles qui attestent la présence de forces créatrices, mais l’information à la solde des intérêts boutiquiers les étouffe sous sa chape de silence. De la créativité individuelle et de la volonté de vivre mieux peut naître une démocratie autogestionnaire capable de révoquer cette imposture démocratique qui ose appeler liberté la tyrannie du libre-échange, le droit d’escroquer le bien public et la manipulation clientéliste des électeurs. Sur les murs de la grisaille existentielle qu’élèvent autour de nous les commis-voyageurs de l’affairisme mondial, je souhaite que refleurissent ces mots de Loustalot, qui, datant de la Révolution française, n’ont rien perdu de leur insolente nouveauté : «Les grands ne nous paraissent grands que parce que nous sommes à genoux. Levons-nous !»

Peut-on échapper au travail marchand ?

Il le faudra bien, puisqu’il nous échappe de plus en plus. Ceux qui appellent à travailler davantage sont les mêmes qui ferment les usines pour les jouer en Bourse. Ils privilégient le travail parasitaire en multipliant les services inutiles et ils envoient à la casse les secteurs prioritaires (écoles, hôpitaux, métallurgie, textile, logement, transports). Seule une créativité développant les énergies naturelles et les mettant, selon un réseau de collectivités autogérées, au service des citoyens, rendra possibles la fin du travail d’exploitation et la mise à sac de la nature terrestre et humaine.

Quel espoir avez-vous ? Un nouveau Mai 68 ? Que devraient faire les jeunes d’aujourd’hui ?

Apprendre à vivre, non à se vendre. Ils y viendront d’eux-mêmes quand ils comprendront quel esclavage les attend sur le marché de dupe du travail. Quand, refusant la compétition (les mécanismes économiques qui nous robotisent), l’arrivisme, le culte de l’argent à tous prix, ils accorderont enfin la priorité à l’amour de la vie et à leur vie amoureuse, à la connaissance du vivant, à l’amélioration de leur environnement, à l’émulation personnelle, à la seule richesse qui soit : la richesse de l’être et non de l’avoir. Quand ils s’aviseront qu’il ne s’agit pas d’être le meilleur mais de vivre mieux. Quand ils refuseront de cautionner des gouvernants qui construisent des prisons et suppriment des écoles au lieu de les multiplier. Quand ils s’insurgeront contre une éducation concentrationnaire qui favorise la violence et va à l’encontre du sens même d’un enseignement véritablement humain apprendre pour donner son savoir aux autres. La vie a tous les droits, la prédation n’en a aucun. Ne vous étonnez pas que le combat commence à peine .

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