Qu´on se fait mineurs

Pour la majorité, le mot révolution ne signifie qu’un moment indéfini dans le futur lointain, quand toute la société va s´ exploser et sortir dans les rues et sans pouvoir plus supporter l’injustice elle demandera (et elle revendiquera) le changement du régime. Pour d’autres, le mot révolution est réduit à un processus-fétiche, selon lequel, d´ une manière soudaine et déterministe, presque métaphysique, ¨les conditions vont mûrir¨ et un groupe de révolutionnaires professionnels va occuper les palais hivernaux ou le Parlement, va éliminer les ¨hypocrites¨ et dans quelques mois tout sera en rose. Les ouvriers auront le pouvoir, représentés par un gouvernement central (mais ils seront encore ouvriers, à la fois). Et les agriculteurs aussi, tandis que les progressistes du passé, qui en principe ont été contre l’ancien régime, vont se transformer en conservateurs (en faveur de leur direction, qui, hypothétiquement, aura déjà conduit la classe ouvrière à la victoire). D’autre part, certains ont la conviction ferme que la révolution est- d’une certaine manière- une évolution inévitable et ils essaient de la préparer d´ une manière ¨scientifique¨, comme s´il s’agissait d’un sujet de mécanique, de stratégie et de volonté et pas d’un processus continu, hors de son épistémologie révolutionnaire et ancienne (et d’une certaine façon étrange, métaphysique aussi). Finalement, d’autres se croient déjà révolutionnaires, calmes dans un narcissisme virtuel, qui est la conclusion – selon eux- du matériel contre le système qui mettent sur internet. Évidemment, il existe une minorité ridicule (qui, toutefois, le plus elle augmente, le moins ridicule elle est, qui provoque plus le dégoût, ou encore, la peur, que le rire), qui croit que le sens vrai de la révolution se trouve dans l’imposition réussie d’un coup d’état, par exemple, parce que c´est ça dont on a besoin, parce que pendant la dictature de Papadopoulos il n’y avait pas de chômage et ….. ¨ (à la suite, un délire impossible à décrire).

Et on se demande : La révolution n’a pas une signification unique, qui est le processus continu (hors de frontières nationales) du changement social, dans le but d’une vie meilleure pour tous, basé sur deux axes primordiaux, l’égalité et la liberté, la liberté et l’égalité ? La polémique intérieure et continue de la société et la révision de ses institutions ? Comme Cornelius Castoriades a dit, ¨révolution ne signifie pas de rivières de sang, d´ occupation des palais hivernaux etc. Révolution signifie une transformation radicale des institutions de la société […]. Ainsi, pour qu´une révolution puisse exister, l’organisation psychologique de l’homme occidental doit changer et aussi son attitude envers la vie, en bref, son imaginaire. Comme imaginaire, le grand philosophe grec-français définit un mélange de significations sociales, qui confèrent du sens à une société qui ne provient pas d´ une ou plus de délibérations animiques d´ individus ou de groupes concrets.

De toute façon, en parlant de révolution, soit si chacun de nous se réfère à son illusion révolutionnaire, soit à des délibérations prérévolutionnaires réelles, ou soit si la révolution est perçue d´une manière plus dynamique ou plus statique ou si on considère sa dimension de révolte, ou encore sa durée révolutionnaire très importante, le chemin de l’action est inévitable. Nous, on va se limiter seulement à l’analyse théorique de la révolution en ignorant les mots de Castoriades, que ¨la société et l’histoire ne se soumettent pas aux lois qu´on pourrait avoir seulement en théorie. L’histoire est un secteur de la création humaine et cette création est soumise à des conditions concrètes, mais ces conditions ne la déterminent pas ? Elles lui tracent seulement un tableau ? ¨. (C´est nous qui crée l’histoire. L’histoire est quelque chose de nous et nous sommes responsables d’elle). Ainsi, continuerons-nous à vivre dans l’indigence et dans la misère anti-créative en attendant ¨que les mauvais moments passent¨ et quand ¨ le soleil se lève à nouveau¨, continuerons-nous à survivre insouciants, dans notre paradis de consommation ? Nous allons nous adapter dans la misère (parce que, comme plusieurs disent ¨le monde est comme ça et il ne change pas ¨) et nous allons nous habituer à la mort ? Ou le moment de nous demander si finalement il existe une vie avant la mort est déjà arrivé?

Il est presque sûr que la situation de passivité, à laquelle se trouvait la société pendant la période pré-électorale et postélectorale va finir bientôt, puisque de plus en plus de personnes tombent dans l’indigence, en progression géométrique. Plus que 10.000 de personnes se trouvent dans une situation de désespoir en ce moment et ceci sera plus évident les mois qui suivent, quand la graisse qui conservait plusieurs d´eux aura disparu en révélant leurs os. Les propositions de la majorité sont déjà connues, plus ou moins : la création d´ (anti)structures de solidarité, de cabinets sociaux, de tables communes, de cuisines collectives etc. Oui, nous aussi nous avons fait des propositions et nous avons participé à des actions sociales de solidarité pour nos prochains, qui sont dans la même situation que nous, ou dans une situation pire.

Mais il est déjà très évident que dans ce chaos, dans cette confusion, dans ce désespoir diffus et dans cette panique la marge s´ accroît trop :

  • L’oligarchie dirigeante se rend de plus en plus desaprensive, plus insatiable et vorace en abandonnant tout type de prétexte devant la possibilité de la perte minimale de profits.
  • L’état, au point où il avait un rôle de re-distributeur et d’arbitre, afin d’atténuer les contrastes ou la sensation des gens sur l’existence de ces contrastes, se détruit en accordant à des particuliers les secteurs vitaux et en gardant pour lui-même presque seulement le rôle du encaisseur et du flic. L’état de droit et de bien-être – quelques des garanties urbain-démocratiques, qui à peine ont fonctionné – sont abolis, en principe quant à son application et après dans leur sens législatif, pour accorder leur position à une exploitation claire et beaucoup plus violente pour une partie immense de la population.
  • Les patrons, grands ou petits, sont de plus en plus insolents, dans le pays où le droit du travail a été aboli en accordant sa position au droit des contrats d´embauche, c’est-à-dire, au droit du plus fort.
  • Les médias sont acharnés, parfois à cause de leur simple incapacité et souvent à cause de l’interdépendance, en négligeant l’information objective et en prenant d´une manière cynique le rôle de l’analyste politique néo-liberaliste et infaillible et à la fois, celui du flic-juge à travers de la télé.
  • Les fascistes trouvent un champ d’action en agissant d´une forme démagogique, de plus en plus imbécile et conséquemment, dangereuse, dans une société qui est effondrée et qui se rend fasciste à cause de la paralysie totale de la spontanéité et de son incapacité de s´étendre, de méditer et d’interpréter. La domination des vers et de tout type d’oiseaux de proie terrifiés et terrifiants est normale quand il y a tant de corruption.

En Grèce du mémorandum, dans la ¨Patrie¨ du peuple dont ¨ tous les malheurs sont à cause de Merkel¨, qui, bien qu’il soit touché par la banqueroute, il vote en même temps la personne politique la plus incapable et vagabonde (selon les ordres de Merkel, qu´il haït si beaucoup) pour qu’il ne perde pas les dépôts qu’en réalité il n’a pas, dans le pays où le nouveau rival du néo-libéralisme se transforme de plus en plus dans la tumeur cancérigène la plus vomitive et neonazi que l’esprit humain pourrait percevoir, dans le pays des experts du lifestyle en ce qui concerne les conspirations, de la noblesse de prêtres, de la foule chrétienne et séduite par le préfet totalement homophobique des chaînes de la télé et ex chanteur d´un répertoire de niveau bas, Psomiadis et par le grand fraudeur Efraim [voir scandale du monastère Vatopedi], dans le pays du recul et de tous les nationalistes – fascistes, de la Gauche qui est limitée aux protestations parlementaires en évitant comme un dératé même la pensée de l’aide à l’organisation d’un mouvement de désobéissance massive et sociale et l’appui à des luttes pareilles (une grève générale, par exemple), nous sommes tous perdus dans un cercle vicieux de populisme, où domine le discours insignifiant et sans base de l’orateur vulgaire ou de l’exploitant d´un air important ( mais qui en réalité n´est pas comme ça).

Qu’est-ce qu´on fait, alors ? Comment les magasins sociaux et les autres structures de solidarité peuvent aider ? Oui, ils vont alléger directement plusieurs entre nous, mais pour combien de temps ? Qu’est-ce qu´il va se passer quand personne puisse aider ses prochains ? Nous allons nous nourrir avec les miettes des nouveaux messieurs féodaux des ex biens communaux et des moyens de production ? Et jusqu’à quel point nous allons nous limiter à l’habitude de la survie ? Finalement, jusqu’à quel point cherchons-nous la révolution elle-même, qui, d´accord, d’une part va se baser sur des anti-structures, mais exige-t-elle queque chose en plus ? Est-il suffisant un petit sac de riz et une boîte d’aspirines ? Même si on trouve, hypothétiquement, la solution du problème économique (qui, comme il paraît, est le seul qui nous intéresse en ce moment) vivrons-nous satisfaits dans une société sans aucun sens, indépendamment du rationalisme du profit (ceci signifie qu´on ne va pas s´intéresser à la vie de notre voisin, pourvu que nos dépôts haussent), aliénés et isolés, en cherchant le sens de la vie à travers de la consommation des produits-déchets ? Continuerons-nous faire attention aux hommes d’Etat quand ils parlent du développement économique et de la prospérité, soit en ce qui concerne les numéros, soit le bonheur faux ? Lorsqu´ on ne se suicide pas, pourquoi ne décide-on pas de vivre ?

Sans travail, en travaillant pour des riens ou avec la peur de perdre même le minimum que notre travail nous offre, sans foyer, sans nourriture ou sans électricité, sans avoir plus rien à perdre, il serait bon qu´on s´inspire de quelques personnes qui n’ont pas peur de lutter. À l’autre bout d´Europe, à Asturies d´Espagne, certains ont décidé de se lever contre tous ceux qui vivent au détriment d’eux et qui ne pensent pas que leurs poumons peuvent les trahir d’un moment à l´ autre. Certains ont choisi l’affrontement en revendiquant leurs vies et en acceptant la solidarité des mouvements de tout le monde. N’est-il pas temps qu’on se fait, nous aussi, mineurs ?

Michael Th , Efor, Ian Delta

Traduction: Cristina

(L’article en grec et en espagnol)

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Αναρτήθηκε στις: 27/07/2012